L'accueil de l'oeuvre dans l'établissement a permis un travail au CDI ainsi qu'en cours d'arts plastiques.

1ère action destinée à tous les élèves fréquentant le CDI de façon volontaire

1) Quel titre donnerais-tu à cette oeuvre de Thomas FOUGEIROL?
2) Si tu devais peindre un monochrome (oeuvre d'une seule couleur), que choisirais-tu comme
couleur? Coche la bonne réponse et complète la phrase.

  • Le noir parce que ...................................................................................................................
  • Pas le noir. Comme couleur, je choisirais le .......................................... parce que ...............

Les réponses ont été les suivantes pour les propositions de titre et la couleur qu'ils auraient choisie: Titres

2ème action destinée aux 6 classes de 3ème en présence du professeur d'arts plastiques

  • Au CDI, devant l'oeuvre:

a) Apport de références clés: Pierre Soulages et Jackson Pollock
b) Mise en valeur de la tension existante entre l'abstraction et la figuration. Une élève a dit: « La peinture, ici, c'est peut-être le projet d'un paysage? »
c) Verbalisation par les élèves de commentaires descriptifs et de titres possibles afin de stimuler la création d'une «réponse » artistique à l'oeuvre exposée.
d) Recherche documentaire (en groupe de 4 élèves) qui consistait à:

  1. Rechercher dans les livres documentaires présents au CDI une illustration qui rappelle l'oeuvre de Thomas Fougeirol (ce choix devait s'effectuer en rapport avec les notions émises au cours de la verbalisation des élèves)
  2. Indiquer la référence bibliographique de l'ouvrage où se trouve l'illustration (en respectant les normes propres à une bibliographie)
  • En classe:

a) Mise en valeur des notions suivantes:« Les transparences », « L'importance de la réserve », « La texture des couleurs»
b) Conseils techniques pour répondre à la question (formulée par un élève) « Comment garder des couleurs vives quand on peint sur fond noir? »
A la suite de ces deux séances, les élèves devaient réaliser chez eux une production dans l'esprit de celle de Thomas Fougeirol.

eleve1

3ème action destinée à 2 classes de 6ème en présence du professeur d'arts plastiques

4 séances dont une au CDI:
Le professeur d'arts plastiques a profité de la présence de l'oeuvre de Thomas Fougeirol pour traiter du sujet de l'abstraction. La séance au CDI avait pour but de confronter ce que les élèves avaient vu en classe sur l'abstraction et leurs impressions face à l'oeuvre. Cette verbalisation s'est aussi appuyée sur une production réalisée en 5mn par les élèves qui avaient pour consigne de réaliser ce qu'ils voyaient.

eleve2

Pistes de travail développées dans le cadre du cours d'arts plastiques:

DE LA FIGURATION A L'ABSTRACTION

Classe : Sixième
Thématique : L’objet, sa représentation et son appropriation picturale
Références au programme :

  • la représentation en deux et trois dimensions de l’objet
  • la ressemblance, la vraisemblance, la déformation et la distorsion
  • Objectifs pédagogiques (amener les élèves à) :
  • comprendre que toute production artistique est d’emblée un écart
  • reconnaître la réalité concrète ou plastique d’une production
  • être capable de repérer et d’exploiter les effets du geste et de l’instrument
  • représenter simplement par le dessin, des objets observés, mémorisés ou imaginés
  • exploiter différents modes de représentation
  • acquérir un esprit d’ouverture
  • comprendre l’abstraction

Séance 1 :
Les élèves divisent une feuille en quatre parties (au crayon de bois).

« Vous avez devant vous maintenant cette feuille toute simple. Grâce à elle toutefois, je vais pouvoir observer vos talents artistiques (dans le dessin notamment). Comment ? Rien de plus facile, vous allez simplement dessiner un objet, ou quelque chose présent autour de vous. Faites comme bon vous semble. On va seulement se dire que pour le faire, on s’accorde…15 min ? Mesdemoiselles, Messieurs, êtes-vous prêts ? Top départ ! »
« OK, puisque vous n’avez pas tous achevé vos réalisations, je ne voudrais surtout pas vous laisser un gout d’inachevé... On va recommencer, sur la vignette à côté cette-fois-ci. Vous refaites donc exactement la même chose, et comme finalement, vous savez comment le ou la dessiner (puisque vous venez de le faire), on va se dire qu’on à moins de temps. Disons huit minutes ! À mon top, crayons en l’air… PARTEZ ! »
Par là suite, le temps sera de nouveau réduit, puisque pour la vignette suivante ils ne disposeront plus que de 30 secondes et finalement 5 secondes pour notre dernière vignette. Une fois ces dessins réalisés, les élèves et l'enseignant dégagent les axes importants:

  • Achevé et inachevé
  • Bien fait et mal fait
  • Temps, geste
  • Geste et forme
  • La ressemblance
  • Le beau
  • L’outil
  • Le rapport au réel, la représentation

Séance 2 :

Les productions et ces dessins en quatre temps, sont à la base d'une réflexion et vont nous permettre de comprendre indirectement certains axes délicats (non-figuration, l’écart, etc.). Il s’agit en effet, de produire cette fois-ci, le plus grand
nombre de dessins (se fixer 50 images au minimum) en utilisant bien entendu les techniques de leur choix mais en évitant de reproduire deux fois le même geste.

« Réalisez à l’aide des outils et médiums de votre choix, le plus de formes possibles sur une ou plusieurs feuilles. On vise le nombre et non pas la qualité. Produisez, produisez, produisez, mais attention, vous ne devez pas répéter deux fois le même geste »
Cette expérimentation, a pour objectif d’amener les élèves à prendre conscience de la relation existant entre la forme, l’outil et le geste. En interdisant de reproduire deux fois le même geste, je souhaite que mes élèves trouvent un maximum de réponses au problème posé et découvrent par là-même de nouvelles possibilités. Il est important également de préciser que l’aspect esthétique n’est pas capital pour ce défi afin de ne pas freiner ces derniers.

Séance 3 :
La séance suivante débute par l’observation des productions et de nouveau on tente de souligner certaines choses :

  • La demande importante (le plus grand nombre) oblige à aller vers l’essentiel de la forme, simplification, géométrisation, etc
  • On constate une liberté vis-à-vis de l’outil et du geste et parfois même on se sert d’objets pour peindre alors que ce n’est pas leur utilité première (éponge, bouchon de stylo, doigts)
  • Liberté vis-à-vis du sujet représenté qui n’est plus copié mais peut être reproduit de tête ou inventé.
  • En effet, je fais des formes qui me passent par la tête, je n’ai donc plus besoin de recopier.
  • Utilisation de la couleur sans passer par le dessin (la couleur devient la forme). Je peins, je ne fais plus du simple coloriage.

Il s’agira alors de poser la question suivante (qui impliquera une autre expérimentation) : « Est-ce qu’il existe qu’une seule manière de peindre finalement ? »
L'enseignant demande aux élèves d’essayer de mener cette fois-ci, une recherche à la manière d’un scientifique et d’essayer de présenter individuellement un échantillon de toutes les manières de faire possible et de surtout les nommer.
« On dit souvent que dans l’art tout a déjà été fait. Et si ce n’était pas vrai ? Et s’il existait d’autres manières de peindre encore non explorées, cela donnerait quoi ?. Après tout, il n’y a peut-être pas qu’une seule manière de tenir son pinceau, d’appliquer la peinture, etc… »

Notions abordées :

  • Gestes (tamponner, griffer, hachurer, jeter, gribouiller, tracer, onduler, etc.)
  • La question du « style » (ex : Monet, Picasso, Pollock, Thomas Fougeirol)
  • Outils (prendre conscience du rôle de l’outil et essayer à travers l’expérimentation

C’est à ce moment que l'enseignant présente les productions de certains artistes (Pollock, Georges Mathieu, Kazuo Shiraga, Pierre Soulages, etc). Le document est disponible ici: l_abstraction
Grâce, à la présence de l’oeuvre de Thomas Fougeirol au sein du Collège, nous avons pu, les élèves ont pu se confronter directement à une oeuvre. L’avantage certain d’une telle présence, permet aux élèves de se confronter à la réalité matérielle de l’oeuvre.  Automatiquement, les notions de format, les notions de relief, de peinture prennent ici un sens tout autre.
En présence de cette oeuvre, les différentes classes ont pu dresser certains constats ou soulever certaines interrogations :

  • L’observation de près, révèle finalement que nous ne sommes pas en présence d’un monochrome.
  • On a pu constater certaines traces sur les côtés. Comment a-t-il peint alors ? Comment a-t-il disposé sa toile ?
  • L’éclairage et les différentes lumières (artificielles ou naturelles), modifient notre perception dl’oeuvre. Elle semble changer et certaines parties se révèlent pendant que d’autres s’enfoncent.
  • Comment a-t-il procédé et par où a-t-il pu commencer. On observe des couches, du relief.
  • L’artiste a-t-il procédé par étapes ? A-t-il changé de pinceau, de forme ou bien les deux ? En combien de temps a-t-il pu réaliser cette oeuvre ?
  • Généralement nous ne pouvons rien identifier (même si généralement les élèves parlèrent de jungle, de foret ou de tempête), mais est-ce qu’il a voulu reproduire malgré tout quelque chose ?
  • De quoi s’est-il inspiré ?

Une autre proposition a été faite aux élèves. Elle est disponible ici: Sujet_mon_chef_d_oeuvre_abstrait